Rénovation

Edit:09 août 2018, Cre:19 mars 2017

Fenêtres de toit

Voir aussi Portes et fenêtres
J’ai fait poser des fenêtres de toit.
La première proposition par Leroy-Merlin me paraissant trop coûteuse (la pose seule étant chiffrée à plus du double des fenêtres nues), J’ai passé commande à une entreprise spécialisée dont la seule activité est la pose de fenêtres de toit.

1. Continuité de l’écran de sous-toiture

Ma toiture est dotée depuis environ huit ans d’un écran de sous-toiture. Le rôle d’un tel écran est multiple, protection contre le vent, la neige, mais l’élément auquel J’attache beaucoup d’importance, c’est la protection secondaire au cas ou une tuile serait cassée ou arrachée. Cette maison a déjà eu des dommages importants à cause de tuiles arrachées par l’arbre d’un voisin et il y a eu aussi une tuile brisée par des enfants jouant au ballon. Sur une autre maison, J’ai eu aussi un jour de vent une tuile qui a glissé et s’est arrêtée sur la suivante, laissant un trou béant dans la toiture, heureusement détecté immédiatement.

J’étais donc préoccupé par le maintien de la continuité de l’écran de sous-toiture et m’apprêtait à questionner le commercial à ce sujet. Il m’a proposé la collerette d’étanchéité Velux BFX prévu à cet effet avant que j’aborde le sujet. J’ai accepté (le prix unitaire est d’environ 30 Euros).
Après la pose des deux premières fenêtres, au vu des photos de montage, J’ai eu un doute sur la pose de la collerette, lequel s’est amplifié quand j’ai vu que l’écran de sous toiture pendouillait à l’intérieur. J’ai alors enlevé les tuiles sur le pourtour d’une des fenêtres, ce qui a confirmé mes doutes, la collerette ayant simplement été déposée autour de la fenêtre sans agrafage, sans la gouttière acier et surtout sans recouvrement de l’écran existant sur la collerette. Au vu des photos, l’entreprise n’a fait aucune difficulté pour reprendre la malfaçon et le commercial est allé rechercher dans sa poubelle les gouttières en acier (…). Le poseur m’a confirmé que d’habitude, ils se contentaient de poser la fenêtre dans le trou crée dans l’écran de sous-toiture sans aucune préparation. Ils ont pratiqué avec la collerette BFX comme ils en avaient l’habitude sans respecter le moins du monde les instructions de Velux.
Dans tous les cas, il me parait inacceptable de ne pas assurer la continuité de l’écran, collerette ou pas.
La collerette BFX est très peu vendue et c’est un point qui ne fait pas l’objet d’instructions claires de la part de Velux. Acheter le BFX peut être une manière de contraindre le poseur à faire un travail correct.
C’est un point qui est discuté par exemple dans le forum cyberbricoleur, le forum Systeme D

2. Volets à commande filaire

Je souhaitais absolument monter une commande filaire à l’exclusion de toute télécommande pour avoir une installation fiable et durable. Le doublage étant refait intégralement, le passage de câbles ne posait aucun problème (en neuf, c’est moins long de poser un câble que de programmer la commande).
C’est un point très problématique sur les volets de marque Velux qui a fait l’objet de pas mal de discussions sur Internet, notamment de la part de ceux qui veulent monter une installation domotique complète, le système Velux étant totalement propriétaire, donc complètement inutilisable dans de nombreux cas.
J’ai téléphoné à Velux qui m’a indiqué que la commande en inversion de polarité pouvait fonctionner avec certaines alimentations 24V et m’a demandé d’indiquer le modèle de mon alimentation. N’ayant pas choisi le modèle, Je me suis contenté de lui indiquer la marque envisagée (Meanwell), qui ne lui a pas plu (C’est l’un des plus gros fournisseur d’alimentation 24V du monde !). Il m’a aussi indiqué que l’inversion de polarité fonctionnait avec leur propre alimentation KUX110 (ce qui est en contradiction avec ce que j’ai pu lire sur Internet - Je n’ai pas vérifié).
J’ai monté (en février 2017) deux volets électriques alimentés par une alimentation stabilisée 24V de 100W et des inverseurs Legrand 67604. (100W est une valeur surdimensionnée, mais le 24V peut être utilisé pour d’autres équipements). Celà fonctionne sans problèmes, avec un petit délai de réponse. La première alimentation d’un volet doit se faire pour faire descendre le volet et la réponse peut prendre un peu de temps.
J’ai refusé que le poseur essaie avec une alimentation KUX110 car celles-ci sont réputées reprogrammer les volets, interdisant tout usage ultérieur d’une alimentation générique.
Il faut noter que le fil d’alimentation du volet est trop court et dépasse à peine à l’intérieur de la fenêtre, ce qui rend l’accès au raccordement délicat. C’est regrettable car 10cm de fil en plus seraient d’un coût dérisoire.

3. Accessoire d’isolation BDX

J’ai aussi acheté l’accessoire d’isolation périphérique BDX. Ayant incliné les panneaux d’ouverture, j’ai du découper la mousse du BDX sur tout le pourtour (avec un couteau à isolant et/ou un ciseau à bois très affuté), ce qui est assez long. Je pense que glisser de l’isolant entre la fenêtre et les chevrons aurait été nettemment plus simple et pas forcément moins efficace. En plus, ça gêne pour le raccordement du volet électrique (voir le paragraphe précédent). Je ne la recommande pas.
Je n’ai pas acheté la collerette pare-vapeur BBX, mais la reprise du pare-vapeur s’est avérée assez longue. Il faut noter que leur collerette vendue semble uniquement adaptée pour des cotés verticaux, donc pas pour mon cas.

4. Préparation de la pose du cadre pour les panneaux de plâtre

J’ai un peu tourné en rond pour savoir comment faire mon cadre de pose du placo et J’ai refait la première fenêtre car ma première solution ne me plaisait pas.
La manière de faire varie beaucoup suivant le type de structure (horizontale ou verticale) et si vous souhaitez avoir les bords de fenêtres inclinés. Pour pouvoir incliner les bords (ouverture pyramidale), j’ai doublé les chevrons autour du chevêtre. C’est très surdimensionné, mais c’était simple et très rapide à faire car j’avais des chevrons à disposition et ça facilite la pose de l’isolant entre chevrons.
Ceci permet d’écarter les suspentes du bord de la fenêtre (dans mon cas des suspentes Isover Integra2, mais c’est le même problème avec des suspentes métalliques). J’ai aussi un peu plié vers l’extérieur les suspentes pour gagner un peu d’écartement (15~20mm). Le plus gros travail en pratique à été de faire un biseau sur les chevrons (au ciseau à bois) pour pouvoir poser les plaques inclinées (presque deux heures par fenêtre). Le résultat est très positif avec un aspect et une luminosité améliorées. J’ai utilisé des rails de support de fourrure pour les cotés du cadre (prévu pour les montages sur murs). C’est moins rigide que des fourrures, mais une fois les plaques vissées, plus rien ne pourra bouger.
Un point particulier de mon installation, c’est que la suspente au dessus de la fenêtre (cachée par la fourrure) n’est pas alignée avec les autres suspentes. Lors de la pose, je l’ai décalée de 50mm vers le haut pour pouvoir doubler la fourrure. Une solution simple est de poser une première suspente dans l’alignement des autres, de poser une deuxième suspente décalée et d’enlever la première. N’oubliez pas qu’une fois l’isolant posé, on ne peut plus modifier ou rajouter de suspente. Ceci dépend beaucoup de la position de vos fenêtres par rapport au rampant et au plafond.

5. Pose au ras des gouttières/chéneaux

Vu la disposition de mes rampants, Je n’avais pas d’autre choix que de poser mes fenêtres au plus bas, donnant directement sur la gouttière/Le chéneau. Plusieurs entreprises m’ont indiqué que ce n’était pas conforme aux recommandations de Velux, qui demande à ce qu’il y ait au moins une rangée de tuile en dessous. Dans la pratique, il n’y a aucun problème et la bavette déverse correctement dans la gouttière et le chéneau, mais sur une des fenêtres qui a été posée un peu plus haute que les autres et ou le débordement de la bavette était insuffisant, j’ai demandé à ce qu’un tole de zinc soit posée sous la bavette pour avoir un recouvrement suffisant sur la gouttière. Cette tôle de zinc a été collée au mastic. Un poseur m’a indiqué qu’il était possible de recouper la bavette, même si c’est particulier car c’est un composite aluminium/bitume.
Cette disposition basse était prévue dès le départ dans ma déclaration de travaux.

6. Ouverture des fenêtres à la tringle

Le vendeur a pris soin de m’expliquer comment ouvrir les fenêtres avec une tringle de commande. C’est totalement justifié car l’ouverture n’est pas si facile qu’on peut le supposer et si on force, on peut faire des dégâts.
La difficulté est que sur un toit en pente moyenne, tirer verticalement ne déverrouille pas la fenêtre, encore moins si on tire vers soi (perpendiculairement à la fenêtre). Le volet s’ouvre, mais le déverrouillage nécessite un cran supplémentaire et ceci nécessite de tirer la barre de commande plus ou moins parallèlement à la fenêtre (donc vers le mur, pas vers soi).
Ce n’est pas de la théorie, j’ai une fenêtre située au dessous d’un placard, ce qui empêche de pousser la tringle de commande vers le mur et il n’est pas possible de déverrouiller la fenêtre à la tringle et en forçant j’ai arraché la barre de commande de la fenêtre. Pour ouvrir cette fenêtre, je n’ai pas d’autre choix que de prendre un escabeau.

7. Réglage des fenêtres

Il arrive que les fenêtres coincent (c’est le cas de plusieurs des miennes) et on s’interroge sur la possibilité d’un réglage. Il n’y en a pas. Si une fenêtre coince, c’est que son dormant est déformé et le jeu n’est pas suffisant entre l’ouvrant et le dormant et le cadre ou les joints coincent. La seule solution est de repositionner correctement le dormant de la fenêtre sur la charpente en corrigeant les problèmes d’équerrage ou de de planéité. Si les aménagements intérieurs sont déjà faits, c’est un très gros travail surtout avec un pare-vapeur et il est très important de vérifier le bon fonctionnement de la fenêtre avant la mise en place des finitions. N’hésitez pas a rappeller le poseur pour qu’il corrige les problèmes. Si vous laissez en l’état, la situation ne peut que s’aggraver car les charpentes travaillent (elles se déforment). Ceci vous empêche de finir vos aménagements, aussi il est important de choisir avec soin votre poseur et d’avoir la possibilité de le contraindre a réintervenir. Ne réglez JAMAIS le solde de votre facture avant résolution complète des problèmes, même si le poseur vous promet qu’il va revenir.
Mes fenêtres ont toujours été dures à manoeuvrer, mais la situation s’est aggravée, probablement parce que les plaques de plâtre poussées par l’isolant cintrent le cadre des fenêtres (il n’y ni problème de planéité ni d’équerrage). Il ne faut pas non plus oublier que les fenêtres Velux sont en bois et le bois travaille, tout comme celui de votre charpente. J’ai l’impression que les jeux de construction des Velux actuels ne sont pas suffisants par rapport a la rigidité du cadre des fenêtres et de celles des charpentes traditionnelles (les charpentes à fermettes bougent moins). Lors de la pose des plaques, celles ci-sont glissées dans la rainure du dormant, mais il faut veiller à ce qu’elles n’exercent pas d’efforts sur la fenêtre et soient bien maintenues par la charpente et non par la fenêtre (ce n’est pas très facile).

8. Poser soi-même

C’est possible si la fenêtre n’est pas trop grande, mais il faut lire en détail et suivre religieusement les instructions Velux (et bien faire attention que l’on a la dernière version de la documentation - en principe livrée avec chaque fenêtre). Le système est très bien conçu et bien documenté.
Cependant il faut faire très attention lors de la mise en place des ouvrants. Les professionnels qui ont posé mes fenêtres l’on fait avec des ventouses qu’ils ont déballées et remballées avec beaucoup de soin. Ils m’ont indiqué qu’il était pratiquement impossible de monter un ouvrant sans le faire taper dans le dormant si on n’a pas de ventouse. Ceci est d’autant plus sensible pour les fenêtres peintes en blanc (comme les miennes) ou les impacts se voient très bien.
Il y a des restrictions pour poser soi-même:

  • La TVA sur les fenêtres est de 20% au lieu de 5.5% (une fenêtre de toit améliore le rendement énérgétique du fait de l’apport solaire)
  • On ne peut pas bénéficier de la remise d’impôts associée aux travaux d’amélioration énergétique (il faut noter que si mon poseur m’a garanti que Je pourrais bénéficier de cette remise d’impôts, d’autres entreprises m’ont indiqué que ce n’était pas possible…)
  • Si on a un problème avec la charpente lors de la pose, on n’est pas assuré pour les dégâts - Sur ma charpente, lorsque le poseur a coupé l’un des chevrons, il y a eu une importante décharge et la panne est descendue de quelques mm. Si j’avais fait ça moi-même, celà m’aurait vraiment inquiété. Un professionnel est assuré, lui.

9. Le permis

La pose de fenêtres de toit nécessite un permis et la mairie dispose d’un mois pour l’instruire. Par pure hypocrisie, ce permis d’appelle ‘déclaration’ préalable de travaux, mais c’est bien un permis car il peut vous être refusé. C’est de la novlangue administrative dans toute sa splendeur. L’avantage d’une déclaration préalable de travaux est que le délai d’instruction est de 1 mois et vous avez trois ans pour débuter les travaux, alors que le délai d’instruction est de deux mois (ou plus) et vous avez seulement deux ans pour démarrer les travaux pour un permis de construire. En principe, pour des fenêtres de toit, le nombre de pièces demandées est moindre que pour un permis mais dans mon cas, la mairie a demandé des pièces complémentaires identiques à celles d’un permis de construire (c’est illégal, la situation locale ne l’exigeant pas). J’ai obtempéré car je voulais éviter les ennuis et je fais tous mes plans moi-même, ce qui évite de payer un architecte pour les pièces demandées. Je suppose que cette demande de pièces complémentaires a été faite en vue d’augmenter le délai car le délai d’un mois est difficile à tenir par beaucoup de mairies. Malheureusement ce genre d’abus de pouvoir n’a aucune chance d’être réprimé car la plupart des gens font comme moi, ils s’exécutent pour éviter les délais et les procès.

Il est préférable de déposer en mairie la déclaration de travaux car dans ce cas vous avez un reçu avec un numéro, ce que vous n’aurez pas forcément si vous envoyez votre dossier par la poste. C’est important si vous obtenez votre permis par défaut par expiration du délai d’un mois, car vous aurez besoin de ce numéro pour l’affichage public. A noter, j’ai obtenu un autre permis (pour une marquise) par expiration de délai, ce que la mairie m’a signalé officiellement au bout d’environ un mois et demi. Je suppose qu’il ont jeté un oeil rapide sans faire d’instruction formelle mais il n’y avait aucun enjeu, ma demande étant dans la tradition du quartier.

Une fois votre permis obtenu, vous devez l’afficher via un panneau réglementaire (disponible dans toute les GSB) devant votre propriété pendant eu moins deux mois et votre permis ne sera définitivement acquis que si personne ne le conteste durant ces deux mois. Il faut donc au total au moins trois mois de délai administratif avant de passer commande. Comptez plutôt quatre mois.

De nos jours, il est préférable de ne pas tenter de jouer sans permis car le contrôle via google earth et les photos satellites est très facile. Beaucoup de villes qui ont une police municipale chargent aussi les policiers de la surveillance des travaux en cours donc on peut se faire attraper facilement. Il y a vingt ou trente ans, les risques étaient faibles, ils ne le sont plus.
Attention, le délai de prescription pénal pour infraction aux règles d’urbanisme est passé de trois à six ans depuis le 28 février 2017. Le délai de prescription civil (période pendant laquelle on peut vous obliger a remettre en état antérieur) est de dix ans.

(c) Pierre ROUZEAU
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Page mise à jour le 09/08/2018 11:49